• Nouvelle pour un RPG de La Guerre des Clans

    Assurer ou ne pas assurer, telle est la question...



    Une silhouette est étalée de tout son long sur un lit. Autour d'elle, l'appartement est dans un désordre indescriptible. Des chaises renversées, un pied de la table brisé, des objets divers répandus un peu partout et dans des états très changeants. Il y avait même une brosse à dents presque cassée en deux et d'autres éléments qui n'avaient rien à faire dans une telle pièce. Comme s'il s'agisait du résultat d'une personne absolument pas soignée ajouté à l'effet dévastateur du passage d'une bande de voyous venus tout dévaster pour intimider. En tout cas, impossible de rester de marbre devant l'état de la pièce.

    La personne sur le lit était une femme. Au pied du lit se trouvait de nombreuses bouteilles, dont beaucoup cassées ou endommagées. Une des bouteilles était à moitié vide, et c'était la seule à être parfaitement intacte, sans rien dessus et droite.

    Un soupir sorti des lèvres de la femme. Un soupir différent de celui qu'elle aurait poussé si elle avait été en parfaite santé, et surtout dans une meilleur passe. Il traduisait sa déception, son mal-être. La raison pour laquelle elle s'était plongée dans l'alcool était classique, terriblement classique. Mais qui a dit que les choses qui arrivent souvent deviennent inefficaces? La mort existe depuis toujours et aujourd'hui encore, elle survient, inévitablement. Comme les séparations peuvent causer une douleur incroyable. Mentale d'abord. Puis physique, lorsqu'on se laisse tomber dans la dépression.

    Elle aurait pu s'en sortir. Elle n'avait jamais bu auparavant. Mais depuis quelques temps, elle avait fait une consommation excessive d'alcool. Non, plus qu'excessive. Et ça durait depuis leur séparation. De quand datait-elle déjà? Quelques jours? Une semaine? Un mois? Si l'écoulement du temps lui était devenu étranger, une chose était sûre : l'alcool ne servait à rien pour oublier. Pas pour elle en tout cas. Elle ne cessait de se repasser la scène dans sa tête, sans arrêt. Comme un film repassé à l'infini dans le théâtre de son esprit.

    -- FLASH BACK --

    L'homme était jeune. La trentaine. Plutôt beau gosse. Il avait la moustache, un regard vert rassurant et des cheveux courts, en brosse. Il était rentré différent, ce jour là. Pas de bonne humeur. Sans un regard pour elle, il avait jeté son manteau d'un côté du canapé et s'était assit sur l'autre, pensif. Alors, comme toutes les femmes amoureuse, elle c'était approchée. Elle lui avait posé des questions, voulu le mettre de bonne humeur. Avait tenter d'utiliser l'humour pour y parvenir.

    Elle n'avait obtenu aucun résultat. Quoi qu'elle fasse.

    Ou plutôt si, elle avait fini par en avoir un. Après quelques derniers mots doux, rassurants, elle c'était levée pour prendre sa douche. Alors qu'elle s'éloignait, la voix de l'homme c'était élevée derrière elle. Froide. Méprisante. Glaciale. Méconnaissable.

    - Tu veux savoir ce que j'ai? Tu veux vraiment le savoir?

    Figée, elle avait été incapable de réponse. Elle n'avait pu que regarder son amant grâce à la vitre devant elle. Elle aurait mille fois préféré répondre, l'empêcher de parler...

    Elle ne l'a pas fait.

    Il s'est levé. Et il a parlé. Non, crié. Il a tout raconté, tout. Qu'il la trompait. Qu'il ne l'aimait pas. Qu'il se servait d'elle, pour se loger, et pour tant d'autres choses. Il lui avait balancé des horreurs. Des insultes. Que son humour était aussi performant que son caractère insupportable. Puis il était passé au physique, et à son histoire, ses parents, sa vie. Tout y passa. Et lorsqu'il eut fini, il saisit son manteau et ressorti, la laissent immobile, comme frappée par la foudre.

    Non, pas frappée par la foudre.

    Pire.

    Détruite. Trahie. Blessée au plus profond de son âme.

    L'homme ne pouvait pas savoir qu'elle impact peuvent avoir les paroles d'un être aimé et chéri.

    -- Fin FLASH BACK --

    Elle aurait du s'en sortir. Tirer un trait dessus, ou au moins se contrôler. Analyser la situation avec calme, prendre du recul. Comme elle avait l'habitude de faire. Elle n'y arrivait pas.

    Il l'avait traité de sans coeur, parmi toutes les insultes qu'il avait pu lui débiter. Alors qu'elle faisait tant d'efforts pour cacher son hyper-sensibilité.

    Alors elle avait changé de méthode. Elle avait prit la première issue qui pourrait la tirer de là. La faire oublier.

    Elle avait commencé à boire.

    Et aujourd'hui encore, elle buvait. Beaucoup. Sans s'arrêter. Mais sans résultat. Elle c'était terriblement amaigrie. Elle c'était attirée les foudres des voisins, pour le bruit, et l'inquiétude de sa famille, pour son état. Elle c'était excusée à la manière d'un zombi pour les premiers, avait claqué la porte aux autres.

    Personne, elle ne voulait voir personne.

    Elle ne pouvait pas affronter les membres de sa famille. Ses amis. Ses proches. Les voir, penser à eux lui rappelait les horreurs qu'il lui avait dit. Et elle ne voulait plus y penser.

    Sauf que voilà, rien n'y faisait, elle y pensait toujours. Elle tourna un regard de chien battu vers son appartement, quittant pour quelques secondes son état de transe, cherchant une échappatoire. Une issue. Meilleure que l'alcool.

    Ses yeux s'arrêtèrent sur la fenêtre.

    Pourquoi pas? C'était définitif, et le résultat était certain.

    Et puis des visages s'imposèrent. Aimés. Malgré le brouillard de son esprit, elle secoua la tête. Elle ne pouvait pas causer cette douleur à ses proches. Elle ne pouvait pas donner raison à cet homme infecte qui n'avait rien trouvé d'autre à dire en partant qu'un mot. Un simple mot. Le plus blessant, le plus significatif de tous.

    - Crève.

    Non, elle ne lui ferait pas ce plaisir. Pas ce cadeau. Elle ne lui donnerait rien.

    Le visage vint flotter devant son esprit. Haït. Pourtant, des attaches positives y restaient encore. Elle l'aimait. Malgré ce qu'il lui avait dit, elle n'arrivait pas à faire autrement. Et c'était ces liens qui la retenaient prisonnière dans sa dépression. Si seulement elle pouvait s'en défaire...

    Elle eu soudain une idée. Une simple idée. Un moyen de se libérer sans mourir. Un moyen sûr. Un moyen aussi de se venger.

    Finalement, il y avait bien quelque chose qu'elle pouvait lui donner.

    La femme se leva. Non, voulu se lever. N'y arriva pas. Chancela. Mit une éternité à y arriver. Bu un dernier coup avant de partir. Puis finalement, fini la bouteille. Pour se donner du courage. Et puis elle n'aimait pas laisser des choses inachevées. Enfin, elle lâcha l'objet de verre qui se brisa sur une arrête du lit. Un morceau coupant y se planter dans sa cheville. La femme le senti, grimaça, râla, mais ne fit rien pour l'enlever. Elle s'en occuperait plus tard. L'incident était déjà passé en second plan dans son esprit.

    Elle se mit en route. Sorti de son appartement. Le ferma. Tituba jusqu'en bas avec difficultés, l'alcool ayant considérablement altéré son sens de l'équilibre. Elle avait l'impression de voir bizarrement aussi...

    Elle arriva dans la rue. Hésita.

    Les voitures lui semblaient dangereuses. Traverser était dangereux. Mortel. Et elle ne voulait pas mourir. Elle hésita, puis se décida.

    Ce genre d'accident débile n'arrivait qu'aux autres. Il suffisait de faire attention. La preuve : l'alcool devait faire oublier. C'était pour ça qu'elle en avait bu. Et elle n'avait rien oublié du tout, au contraire, elle c'était enfermée en enfer.

    Alors elle avança.

    Elle allait le tuer. Tuer l'homme qui la faisait tant souffrir. Qui, à travers elle, faisait souffrir ses proches. Cet homme arrogant et égoïste. Elle allait le tuer et après, elle serait libre.

    Et tant pis si elle finissait en prison.

    Elle regarda la rue, tituba sur un passage piéton.

    Des phares attirèrent vaguement son attention tandis qu'un klaxon bourdonnait dans son esprit embrumé.

    Avec une lenteur exaspérante, elle tourna la tête. Analysa.

    Un véhicule lui fonçait dessus. Proche.

    Dans un ultime réflexe de survie et un éclat de lucidité, elle sauta en avant. A l'endroit où la voiture se dirigea en faisant un écart pour l'éviter.

    La collision fut violente. La femme ne s'attendait pas à ce que ça se passe ainsi.

    D'abord, il y eu la douleur. Intense. Elle cessa vite. Elle distinguait vaguement des choses, mit de longues minutes à comprendre qu'elle était allongée sur la chaussée et que quelque chose gênait sa vue. Un liquide.

    Il y avait des gens autour d'elle. Ils bougeaient si vites. Et ils faisaient trop de bruits. Et elle avait mal.

    Et puis tout cessa.

    Les gens n'avaient plus d'importantes. Elle ne les entendant plus. Elle n'avait plus mal. Elle était au-delà de la souffrance.

    Alors, ça n'arrivait pas qu'aux autres. Remarque, elle aurait dû s'en douter. Les séparations comme celle qu'elle avait vécu aussi, normalement, n'arrivaient qu'aux autres.

    Ca finissait donc ainsi?

    Alors que la vie la quittait, la femme eu une pensée désolée pour ses proches. Mais la dernière chose qu'elle vit avant de mourir fut ce visage. Aimé puis haït. Elle n'avait finalement pas eu le temps de le tuer. Et le pire, c'est qu'elle aimait encore cette infecte pourriture.

    Sa vie s'acheva sur cette pensée.

    Adieu... Je t'aime...



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